
Quand on débute le ski de randonnée, on fait tous plus ou moins les mêmes erreurs.
Certaines sont sans conséquence : on a simplement trop chaud, trop froid ou un sac beaucoup trop lourd. D’autres peuvent rendre la sortie franchement pénible. Et puis il y a celles qui peuvent avoir des conséquences beaucoup plus importantes.
Après plusieurs années à accompagner des skieurs en montagne, voici les 10 erreurs que je vois le plus souvent chez les débutants.
C’est presque toujours la première. Au départ, tout le monde est motivé. Les skis sont légers, les peaux accrochent bien et la pente paraît facile. Alors on avance à un bon rythme. Et puis, au bout de 30 ou 40 minutes, je vois les premiers regards vers la montre… et les premières personnes qui commencent à décrocher.
En ski de randonnée, il faut apprendre à partir doucement pour pouvoir aller loin.
Le bon rythme est celui auquel on peut discuter sans être complètement essoufflé. La montée n’est pas une course, c’est surtout un travail de patience où on mettra de côté les allures qu’on est capable de tenir dans d’autres sports (trail, running, vélo ect…).
Celle-là, je la vois tout le temps. Il fait -5 °C au parking, alors on part avec une première couche, une polaire, une doudoune et une grosse veste. Dix minutes plus tard : « On peut s'arrêter deux secondes ? J'ai beaucoup trop chaud ». Le corps se réchauffe très vite dès que l'on commence à monter. L'idéal est donc de pouvoir facilement adapter sa tenue. On enlève une couche, on ouvre une fermeture éclair, on range la doudoune dans le sac. À la montée, on doit presque avoir un peu froid au départ.
C’est précisément là que les vêtements techniques et le système des “3 couches” deviennent pertinents : pouvoir ajuster les différentes épaisseurs au fil de la montée pour ne jamais avoir ni trop chaud ni trop froid.
C'est une erreur assez humaine. On part avec des copains qui ont déjà l'habitude du ski de randonnée et, naturellement, on essaie de suivre leur rythme. Mais chacun a son propre rythme de montée. Quand j'accompagne un groupe, je préfère largement voir quelqu'un avancer tranquillement pendant trois heures plutôt que de le voir exploser au bout de quarante minutes.
En ski de randonnée, le meilleur rythme est celui que l'on peut tenir jusqu'en haut. Mais surtout penses à lever la tête pour admirer le paysage qui t’entoure.
Pour une première expérience, certains veulent immédiatement faire un sommet de 3 000 mètres, 1 500 mètres de dénivelé et, si possible, une belle pente à la descente. Pourquoi pas… mais ce n'est généralement pas nécessaire. Une première sortie réussie, c'est surtout une sortie qui donne envie d'en faire une deuxième.
Il vaut mieux terminer une randonnée en se disant « déjà fini ? » que « plus jamais ça ».
Les conversions sont souvent le premier moment où l'on se rend compte que le ski de randonnée est différent du ski alpin. Sur une pente un peu raide, une conversion mal maîtrisée peut devenir très fatigante. On pousse sur les bâtons, on force sur les jambes, on perd l'équilibre… et on recommence. Pourtant, avec quelques conseils techniques et un peu de pratique, le mouvement devient rapidement beaucoup plus naturel. Une bonne technique permet de faire des économies d'énergie considérables.
Et en ski de randonnée, l'énergie économisée à la montée est toujours bonne à prendre pour la descente.
Le sac du débutant est souvent assez amusant à regarder. On y trouve généralement tout ce qui pourrait éventuellement servir : une deuxième doudoune, une deuxième paire de gants, trois barres de céréales de secours, un couteau, une gourde énorme…Au final, on se retrouve avec 10 ou 12 kilos sur le dos pour une sortie où 6 ou 7 auraient largement suffi. Attention : je ne dis évidemment pas qu'il faut partir léger au détriment de la sécurité.
Le matériel de secours, les vêtements nécessaires, l'eau et la nourriture doivent être présents. Mais chaque chose que l'on met dans son sac doit avoir une bonne raison d'y être.
Quand on découvre le ski de randonnée, on se focalise naturellement sur la montée. On pense au dénivelé, au rythme, aux conversions, aux peaux… Et puis arrive la descente. Et là, surprise : la neige n'est pas celle de la piste parfaitement damée du matin. Il peut y avoir de la poudreuse, de la croûte, de la neige lourde, de la neige dure… parfois tout ça dans la même descente.
Il faut donc garder suffisamment d'énergie et ne pas oublier que la descente fait partie intégrante de la sortie.
« Il fait beau, donc on peut y aller. » Malheureusement, en montagne, ça ne fonctionne pas vraiment comme ça. Le soleil peut être magnifique et les conditions de neige très mauvaises. À l'inverse, une journée un peu nuageuse peut offrir une excellente sortie. Avant de partir, il faut regarder la météo, le vent, les températures, l'évolution des conditions et bien sûr le bulletin d'estimation du risque d'avalanche. Et surtout, il faut continuer à observer la montagne pendant la sortie.
La montagne que l'on découvre sur place est parfois différente de celle que l'on avait imaginée depuis son canapé.
Avoir un DVA, une pelle et une sonde dans son sac, c'est indispensable. Mais savoir où ils sont rangés ne signifie pas savoir s'en servir. J'ai parfois vu des personnes arriver avec du matériel parfaitement complet… mais qui n'avaient jamais effectué une recherche DVA. Le matériel de secours doit être connu, accessible, maîtrisé et en parfait état de fonctionnement.
Et surtout, il ne remplace ni la connaissance du terrain, ni l'analyse des conditions, ni une formation adaptée au risque d'avalanche. Le DVA intervient une fois que l’accident a eu lieu. L’objectif avant tout, est de ne pas avoir à s’en servir.
C'est probablement celle que je trouve la plus importante. Parce qu'après deux ou trois heures de montée, on a forcément envie d'aller jusqu'au bout. On voit le sommet. Il reste 100 mètres de dénivelé. On se dit que ce serait dommage de faire demi-tour maintenant. Pourtant, c'est parfois exactement le bon moment pour renoncer. Une météo qui se dégrade, un horaire qui avance, une fatigue importante, une neige qui évolue, des conditions de sécurité qui ne sont plus celles que l'on avait anticipées… Le sommet n'est jamais une obligation.
En montagne, faire demi-tour n'est pas un échec. C'est simplement une décision. Et parfois, la meilleure sortie est celle où l'on renonce 100 mètres sous le sommet et où l'on revient la fois suivante pour le faire dans de meilleures conditions.
Pour commencer le ski de randonnée, il n'est pas nécessaire de tout savoir. Il faut surtout accepter d'apprendre progressivement. Apprendre à monter tranquillement, à gérer son effort, à s'habiller correctement, à faire ses conversions, à lire la montagne et à comprendre les conditions. Et surtout, apprendre à prendre les bonnes décisions. Parce qu'au fond, le ski de randonnée, ce n'est pas seulement monter jusqu'à un sommet et redescendre. C'est apprendre à évoluer en montagne. Et c'est probablement ça qui rend cette pratique aussi addictive. Une sortie, puis une autre. Un nouveau sommet, une nouvelle vallée, une nouvelle neige… et à chaque fois, quelque chose à apprendre.
Et pour apprendre tout ça dans de bonnes conditions, être accompagnés par un.e professionnel.le diplômé.e d’État permet d’acquérir les bonnes bases dès les premières sorties, de progresser plus rapidement et de prendre les bonnes habitudes en toute sécurité.